Vous avez versé 500 €, 2 000 € ou davantage pour réserver des travaux, mais l'artisan ne commence pas le chantier, repousse sans cesse l'intervention ou vous annonce finalement qu'il n'exécutera pas la prestation ? Avant d'exiger un remboursement, il faut distinguer acompte, arrhes et simple somme versée d'avance, puis vérifier si le contrat peut être résolu en raison du manquement du professionnel.
Sommaire
Le mot utilisé sur le devis ou le reçu est important. La DGCCRF rappelle qu'un acompte constitue un premier versement sur le prix et traduit en principe un engagement ferme des deux parties. Les arrhes correspondent à un mécanisme différent : le consommateur peut en principe se désister en les perdant, tandis que le professionnel qui renonce doit les restituer au double lorsque le régime des arrhes s'applique.
Ne partez donc pas du principe que toute avance doit être remboursée dès que vous changez d'avis. La présente page concerne surtout le cas où le professionnel n'exécute pas la prestation promise.
DGCCRF – Acompte, arrhes, avoir.
L'article L214-1 du Code de la consommation prévoit, pour les contrats concernés, que les sommes versées d'avance sont des arrhes sauf stipulation contraire. Mais l'article L214-3 précise que les dispositions de ce chapitre ne sont pas applicables aux commandes spéciales sur devis ni à certaines fabrications sur commande.
Cette exception est particulièrement importante dans le bâtiment : ne concluez donc pas automatiquement qu'une avance non qualifiée est constituée d'arrhes. Lisez le devis et les conditions générales et, si le montant est important ou la qualification contestée, demandez un avis juridique.
Code de la consommation, article L214-1 ; articles L214-1 à L214-3.
Si la date de début ou d'exécution est dépassée, commencez par demander une date ferme. Pour un contrat entre un professionnel et un consommateur, l'article L216-1 impose au professionnel de fournir le service à la date ou dans le délai annoncé ; à défaut de date convenue, il prévoit en principe une exécution sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion du contrat.
Si l'entreprise a commencé puis abandonné le chantier, utilisez plutôt notre guide travaux inachevés / abandon de chantier. Ici, le cas typique est celui d'une prestation qui n'a jamais commencé ou ne peut plus être exécutée dans les conditions convenues.
Code de la consommation, article L216-1.
L'article L216-6 prévoit notamment que le consommateur peut résoudre le contrat lorsque, après avoir mis le professionnel en demeure de fournir le service dans un délai supplémentaire raisonnable, celui-ci ne s'exécute pas. Dans certaines situations — refus d'exécuter ou date constituant une condition essentielle — la résolution peut intervenir sans ce délai supplémentaire.
Lorsque le contrat est résolu dans ces conditions, l'article L216-7 prévoit que le professionnel rembourse au consommateur la totalité des sommes versées dans les 14 jours suivant la dénonciation du contrat.
Cette mécanique est plus sûre que de réclamer simplement « mon acompte » sans expliquer pourquoi le contrat doit prendre fin.
Code de la consommation, article L216-6 ; article L216-7.
Une demande de remboursement sera beaucoup plus solide si elle montre clairement la chronologie : contrat, paiement, échéance, relance, mise en demeure, défaut d'exécution puis résolution.
Si le contrat n'est pas encore résolu, la première lettre peut demander l'exécution dans un délai supplémentaire et annoncer qu'à défaut vous mettrez fin au contrat. Si ce délai a déjà expiré sans exécution, la lettre de résolution doit être claire et demander la restitution des sommes dues.
Le recommandé permet de conserver une preuve du contenu et de la date de réception.
Le délai supplémentaire prévu par l'article L216-6 doit être raisonnable. Il dépend de la prestation : une intervention courte ne justifie pas nécessairement plusieurs semaines, tandis qu'un chantier nécessitant approvisionnement et organisation peut exiger un délai plus long.
Une fois le contrat valablement résolu dans le cadre de L216-6, le remboursement visé par L216-7 doit intervenir au plus tard dans les quatorze jours suivant la dénonciation.
[Prénom NOM]
[Adresse]
[Artisan / entreprise]
[Adresse]
[Ville], le [date]
Objet : mise en demeure – devis n° [référence] et somme versée de [montant] €
Madame, Monsieur,
Le [date], j'ai accepté votre devis n° [référence] relatif à [travaux] et vous ai versé la somme de [montant] €, qualifiée sur le document de [acompte / arrhes / avance].
La prestation devait être exécutée [date ou délai]. Malgré mes relances des [dates], les travaux n'ont pas été réalisés.
[Si un délai supplémentaire n'a pas encore été donné :] Je vous mets en demeure d'exécuter la prestation dans un délai supplémentaire de [délai raisonnable] à compter de la réception du présent courrier. À défaut, je vous notifierai la résolution du contrat dans les conditions applicables.
[Si le contrat a déjà été valablement résolu :] Le délai supplémentaire accordé par mon courrier du [date] ayant expiré sans exécution, je vous confirme la résolution du contrat et vous mets en demeure de me rembourser la somme de [montant] €.
Je vous remercie de me confirmer par écrit la prise en compte de cette demande.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Non. Un acompte traduit en principe un engagement ferme. Les arrhes permettent davantage de revenir sur l'engagement selon les règles applicables. Il faut d'abord vérifier le devis, le reçu et la qualification juridique du versement.
L'article L214-1 du Code de la consommation pose cette présomption sauf stipulation contraire pour les contrats concernés, mais l'article L214-3 exclut notamment les commandes spéciales sur devis. Il ne faut donc pas appliquer automatiquement cette présomption à tous les travaux sur devis.
Lorsque les conditions de l'article L216-6 sont réunies et que le contrat est résolu pour défaut de fourniture du service, l'article L216-7 prévoit le remboursement de la totalité des sommes versées sous quatorze jours.
Pas nécessairement. Les conséquences dépendent du contrat, de l'existence éventuelle d'un droit de rétractation, et de la qualification d'acompte ou d'arrhes. Cette page vise surtout la situation où l'artisan n'exécute pas ses obligations.
Informations vérifiées le lundi 28 septembre 2026.
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