Une pente naturelle peut conduire l’eau de pluie vers le terrain situé en contrebas ; cette situation n’est pas traitée comme une gouttière, une terrasse, un drain ou un terrassement qui concentre artificiellement l’eau chez le voisin. Pour rédiger une mise en demeure utile, il faut donc identifier l’origine du ruissellement et surtout savoir si un aménagement humain a aggravé la situation.
Sommaire
L’article 640 du Code civil prévoit que les fonds inférieurs doivent recevoir les eaux qui découlent naturellement des fonds plus élevés, lorsque la main de l’homme n’y a pas contribué. Le propriétaire du terrain inférieur ne peut donc pas simplement ériger un obstacle qui bloque cet écoulement naturel.
En contrepartie, le propriétaire du fonds supérieur ne peut rien faire qui aggrave la servitude du fonds inférieur. C’est cette distinction qui est centrale : pente naturelle d’un côté, concentration ou augmentation artificielle des eaux de l’autre.
Une terrasse imperméabilisée, un remblai, un nouveau drainage, une cour entièrement pavée, une descente d’eau modifiée ou un dispositif qui concentre le ruissellement vers la limite peuvent modifier la situation antérieure. L’existence de travaux ne signifie pas automatiquement qu’il y a violation : il faut établir le lien entre l’aménagement et l’aggravation des eaux reçues.
Notez les changements récents, comparez les écoulements avant et après les travaux et documentez les points d’arrivée de l’eau. Si la question est technique, l’avis d’un professionnel ou d’un expert peut être déterminant.
Non. L’article 681 du Code civil impose à tout propriétaire d’établir ses toits de manière que les eaux pluviales s’écoulent sur son terrain ou sur la voie publique ; elles ne peuvent pas être déversées directement sur le fonds voisin.
Une gouttière ou une descente d’eau qui rejette directement chez vous est donc différente du simple ruissellement naturel lié au relief.
Prenez des photographies et vidéos datées pendant ou juste après les épisodes de pluie, en montrant si possible le point d’origine, le trajet de l’eau et les dégâts. Conservez les factures de remise en état, déclarations de sinistre, échanges avec le voisin et documents relatifs à de récents travaux.
Pour un litige persistant, un constat de commissaire de justice, un relevé de géomètre ou une expertise peut aider à distinguer la pente naturelle d’une aggravation provoquée par un aménagement.
La demande doit viser la cause identifiable : réorienter une descente de gouttière, supprimer un rejet direct, modifier un drain, rétablir une pente ou installer un dispositif permettant de gérer les eaux sur le terrain d’origine. Évitez d’exiger une solution technique précise si vous n’avez pas les compétences pour déterminer l’aménagement approprié ; demandez plutôt la cessation de l’aggravation et une solution conforme.
[Prénom NOM]
[Adresse]
[E-mail]
[Nom du voisin]
[Adresse]
[Ville], le [date]
Objet : mise en demeure de faire cesser l’aggravation de l’écoulement des eaux vers ma propriété
Madame, Monsieur,
Depuis [travaux / modification / date], je constate que des eaux provenant de votre propriété sont dirigées ou concentrées vers mon terrain au niveau de [préciser]. Cette situation provoque [ruissellement, infiltration, stagnation, dégradation...].
Les éléments dont je dispose montrent notamment [décrire les observations et joindre les preuves utiles].
Je vous mets en demeure de prendre les mesures nécessaires afin de faire cesser cette aggravation et d’assurer une évacuation conforme des eaux dans un délai de [15] jours, ou de me proposer dans ce délai une intervention techniquement adaptée.
À défaut, je me réserve la possibilité de faire constater la situation, de solliciter une conciliation et d’engager les recours nécessaires.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
En cas de dommage, prévenez rapidement votre assureur selon votre contrat et prenez les mesures raisonnables permettant d’éviter l’aggravation du sinistre. Si l’eau menace la sécurité d’un mur, d’une installation électrique ou d’un bâtiment, privilégiez la mise en sécurité ; la mise en demeure n’est pas un substitut aux mesures d’urgence.
L’article 640 prévoit que le fonds inférieur doit recevoir les eaux qui découlent naturellement du fonds supérieur, sans intervention humaine. En revanche, le propriétaire supérieur ne peut pas aggraver cette servitude naturelle.
L’article 681 impose d’établir les toits de manière que les eaux pluviales s’écoulent sur le terrain du propriétaire ou sur la voie publique, et non sur le fonds voisin.
Documentez l’état avant et après les travaux, les épisodes de pluie et les dommages, puis demandez la suppression de l’aggravation ou un aménagement correctif adapté.
Non. Dès que l’origine et l’aggravation sont suffisamment identifiables, vous pouvez demander une solution. En cas de risque immédiat ou de dégâts importants, contactez rapidement votre assureur et, si nécessaire, un professionnel ou les services compétents.
Comment envoyer un recommandé ?
Pour envoyer votre lettre de résiliation par courrier recommandé avec accusé de réception, sans vous déplacer, suivez les étapes suivantes :
Informations vérifiées le lundi 28 septembre 2026.
Suivi 24h/24
Modèles
Prêts à l'emploi
Valeur juridique
Paiement sécurisé
Courrier recommandé